1. On ne peut pas échapper a la gravitée.
A la une, ce 25 juillet 1995, un attentat avait secoué Paris, loin de tous les feux d'artifices de
la ville lumière, cette fois, une belle bombe avait explosé. Qu'entendait les gens qui étaient chez eux a l'habris ? Toujours les mêmes informations romancées, moi j'ai vu. Moi j'ai vu.
Ce jour là aurait du être l'un des plus beau, Papa et Maman avait voulu me faire une surprise en m'amenant faire les magasins de jouet pour trouver le jouet que je voyais partout a la
télévision. Habitant à même Paris mon Père avait préféré le métro a la voiture, est-ce vraiment la meilleure solution ? Normalement ma mère aurait fait un scandale, elle qui détestait tant les
transports en commun, du moins si mes souvenirs ne me trompent pas, c'est tellement flou. Il devait être 15heure, quand nous sommes sortis de l'appartement et que j'ai salué Samuel le gardien
de l'immeuble. Nous vivions dans un si bel appartement, sur les avenues des Champs Elysée, au 24 bis. Mon père était un riche homme d'affaire et ma mère une talentueuse musicienne, du moins a
ce qui paraissait. Nous avons donc descendu la rue a pied, il faisait beau, un bel après midi se présentait, le vent soufflait doucement la brise était très agréable. Je sens encore son
empreinte sur ma peau, en quelques minutes nous avions vu les plus beaux endroits de Paris, quelle ville magnifique. Au loin j'avais vu un grand « M » signifiant l'arrêt du métro, je
me souviens j'avais couru si vite qu'en quelques seconds j'avais put toucher le poteau. Si j'avais su.. Je ne les aurais pas forcés à m'emmener là bas, quel imbécile ! Mon père m'avait suivi en
courant, je me souviens de lui, seulement d'une chose, il avait un grand chapeau noir, et portait son beau costume qu'il sortait le samedi. Après avoir descendu les marche, le métro fut rapide
à venir, nous entrions vite dedans. Direction Station saint Michel. Station maudite.
Ne se doutant de rien, ma mère s'était assis, elle faisait des grimaces je la voyais, elle n'était pas discrète dans son genre. Mon père me contait une petite histoire, je ne sais plus trop
laquelle, sa voix vogue encore dans ma tête, j'ai retenu qu'un seul mot, « souris », je ne sais pas si s'étais l'animal ou le verbe, peut importe c'est pas là l'important n'est-ce pas
? ! Je me souviens d'avoir lever les yeux vers les autres passagers. Une belle jeune fille de vingt au moins se tenait là, la main fermement accrochée à la barre pour ne pas tomber lors du
freinage sur le prochain arrêt. Un peu plus loin il y avait un homme la trentaine, brun aux yeux bleus, un bleu très pale. Je me souviens aussi que mon père était plus ou moins préoccupé, il
faisait des signes a ma mère, je me souviens maintenant, il faisait un signe comme pour dire qu'il y avait une drôle d'odeur. A cette époque j'ignorais ce que cela pouvait dire, mais que voulez
vous j'étais jeune, j'avais 5 ans. C'est à ce moment, un léger freinage se faisait sentir, j'ai regardé le nom de la station : « Saint Michel », franchement j'aurais bien voulu ne
jamais l'avoir lu, mais c'est le destin...
De là gros trou noir, le vide. Combien de temps c'est passé entre le moment ou je me suis fait éjecter du métro et le moment ou j'ai ouvert les yeux. Je me souviens avoir vu une lumière
blanche, j'avais comme l'impression d'avoir perdu l'audition un court instant, car juste après j'ai entendu les cris d'horreur, vous savez les cris que l'on pousse quand on a peur, quand on est
totalement terrorisé. Partout, il n'y avait que des cris, des pleurs, s'étaient insupportables, j'avais beau me boucher les oreilles leurs cris stridents pénétrait mes tympans et me faisait un
mal fou. J'ai tourné la tête, j'étais à même les rails, j'ai regardé mes jambes, je saignais, je pissais le sang, la douleur était là, mais je semblais pourtant ne pas la sentir. Je me suis
traîner jusqu'au quai, mais arrivé prés du quai j'ai vu le bras.. Le bras de la jeune fille qui pourtant c'était si bien accroché à cette barre en acier. J'ai tourné de l'œil, vous me comprenez
j'espère.. Après ça ? Encore troue noir, seulement le visage d'un homme, un pompier sur ment, qui essayait de me rassuré, voyez vous je n'avais pas fait le rapprochement, je n'es même pas
chercher mes parents, quel fils indigne. Ce pompier m'avait rapporté une bouteille d'eau, m'avait fait un bandage de fortune a ma jambe quasi sectionnée, et m'avait emmené jusqu'à des
brancards, pourquoi m'emmenait-il là bas ? J'ai bien vite compris, des ambulanciers se relayaient à tour de rôle, j'ai vu mes parents, ma mère criait, et arrachait quasiment la blouse d'un des
infirmiers, pour une mourante elle avait encore pas mal de force, du moins c'est ce que j'espérais et ce qu'ils espéraient. Mon père lui se faisait moins voir. Le pompier me portait encore dans
ces bras, en les voyant comme ça, mes larmes s'échappait à une vitesse folle, pourquoi j'étais là, quasiment idem alors qu'eux étaient quasiment morts ? Longtemps je me suis demander ça..
Encore un gros troue noire, j'ai du m'endormir de douleur face à ma blessure, car j'avais beau essayer d'oublier, elle me cisaillait tellement. Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais allongé au
sol, sur un sol blanc, blanc, oui j'étais à l'hôpital, la salle d'attente était bondée, c'est là que j'ai revu l'homme brun aux yeux clairs. Ce dernier avait de multiples blessures, il gardait
pourtant un léger sourire en coin, moi ? J'étais complètement vide d'expression, mes yeux n'avait plus d'eau pour me permettre de pleurer. Ma jambe avait cessé de me faire mal, du moins je ne
me souviens pas d'avoir souffert le martyr pendant cette longue attente. De là je voyais tant de gens, certains poussé des râles insoutenables, des râles de mourants. Tout était glauque, tout
le monde était couvert de sang, les infirmières couraient partout, les médecins étaient débordés. Et moi je regardais ça, sans rien dire. Quand tout a coup un jeune homme, un médecin, il avait
une blouse blanche, il me prit par la main et m'emmena, jusqu'à une grande fenêtre, de là je voyais ma mère serrée la main d'un médecin, elle semblait lui parlé. Je me demande encore ce qu'elle
avait put bien lui dire après ça, je suis entré dans cette pièce, j'ai vu leurs regards sur moi, puis les deux sont partis sans un mot, seulement un sourire en coin ... Ils étaient morts, ils
m'avaient laissé seul, et pourtant je n'est même pas pleuré, pas par fierté ou par quelque onques sentiment, je ne sais pas pourquoi moi-même. Même maintenant quand j'y pense, je regrette de ne
pas leurs avoir dis quelque chose, comme si ça avait fait quelque chose, je sais très bien que cela n'aurait rien changé mais que voulez-vous...